-Ton sourire, parfois c'est l'enfer. Dans le bout de la nuit ou sur le bord de la route, j'en ai connu des millions de doutes, j'en ai vécu des illusion aux goûts de déroute. Mais tu sais, en ce moment je préfère tes soupirs, car parfois, ton sourire, c'est l'enfer. Car parfois, te sourire, j'ai du mal à m'y faire. Sourire à la vie c'est subir l'oubli, souffrir d'un manque d'envie, c'est écrire sans ligne de vie.
J'ai du mal à sourire à tous les cris qui se perdent dans la nuit, dans le silence sur leur visage. J'ai du mal à sourire à cette parodie de paradis qu'on nous livre tous les matins, les soirs et le midi. Minuit a sonné et ma clope est consummée, Minuit a sonnée mais notre époque ne fait que commencer, celle du crime et de l'angoisse. Celle des abîmes et celle de la démesure, sur laquelle nos ailes s'âbiment, et sur laquelle nos cercueils s'habillent de regrets et de fleurs, à titre posthume. Celle de la démesure, oui, quand la fracture devient blessure et quand l'antidote se résume au suicide, aux regrets, à titre posthume.
Une époque où les Génocides deviennent des faits divers, quand l'hiver devient plus brûlant que l'enfer, quand pollution rime avec consommation, quand faire du fric se résume à laisser pourir l'Afrique, quand faire du fric se résume à s'agenouiller devant la toute puissante Amérique.
Une époque où l'Horizon rime avec brouillon, où le brouilard est devenue quotidien dans notre vision, à tituber dans le noir. Le suicide d'une génération, les pluies acides achèvent de ronger nos derniers morceaux d'ambitions, le suicide d'une génération condamnée à gueuler dans des milliers de révolutions, condamnée à s'épuiser dans des tas de questions, ne cherchons plus la réponse se fait en un mot, c'est la corruption.
La corruption de nos coeurs, des nos peurs, de nos humeurs. Mais ça, on ne nous l'apprend pas dans nos livres sur l'Education.
Une éducation qui appel à la restriction, serrez vos coeurs, serrez la ceinture, mais ne serrez pas les points.
Une vie à errer au bord de la route, au milieu des questions, en proie au doute, sans voix, tout comme le clandestins dans la soute de l'avion.
Qui s'envole à l'horizon, une horizon volée par des siècles de corruption, de colonisation, de militarisation, d'interdiction.
Alors oui putain, je te jure, te sourire c'est parfois dur.